Festival Internacional
de Fotografia de Cabo Verde
14 NOV. - 12 DEZ.
Mindelo e Porto Novo
Cabo Verde
OPEN CALL / Artistas Seleccinados

Babacar Traore[Senegal]
Issu d’une famille d’artistes et formé au Média Centre de Dakar, Doli se considère comme témoin d’une époque avec le devoir d’archiver par ses images les moments du présent quotidien pour les générations à venir. Ainsi, il photographie des situations ordinaires, des hommes dans leur environnement habituel, ou alors dans des circonstances particulières. Ensuite, l’artiste transforme les photographies en les couvrant par un « réseau de couleurs », composé de tracés et de points multicolores. Ce « réseau de couleurs » a l’effet d’un filtre qui donne aux images de Doli un caractère unique. Souvent, les tracés et les points se brouillent devant les yeux du spectateur, ils semblent se fondre et devenir une « masse multicolore » qui couvre les photographies. Mais peu à peu cet effet s’affaiblit, l’irritation du spectateur s’efface devant les détails et les histoires qui commencent à se distinguer dans les photos. Même si à première vue ces images-énigmes ne sont pas faciles à décoder, elles envoûtent le regard du spectateur qui se sent transporté dans un autre monde.


Aller Retour: Anarchie Urbaine

Une expression photographique de « L’urbain d’un autre genre ».

Je développe une réflexion sur l’homme et son environnement. Le cadre de ma réflexion est la ville de Dakar. Mes armes sont la Photographie et le Graphisme.

Je fige des images, je les retravaille avec des outils graphiques. Le sujet est alors circonscrit par des réseaux de couleurs ou des points qui retracent ses déplacements, ses énergies et l’ambiance colorée qui l’entoure. Quelque fois le sujet devient une masse colorée qui s’isole de son environnement. J’utilise aussi ce brouillage du sujet pour respecter son image et les codes qui régissent ma société.

Cette série de photos dévoile une certaine concurrence entre des pratiques d’esthétique urbaine que l’État veut instaurer et la désorganisation sociale due à plusieurs facteurs.

L’on se pose également la question de l’appropriation de l’espace sociale, ce qui permet d’évaluer la survivance des normes en matière de civilité et l’état des comportements citoyens de nos jours.

Comment l’esthétique urbaine se déploie-t-elle dans nos villes, entre-t-elle dans une vision commune entre décideurs et usagers de l’espace public, existe-il une forme de collaboration entre ces deux acteurs à ce propos?

Ou au contraire n’observons nous pas un détournement de ce projet d’esthétique urbain par ces propres destinataires, créant ainsi une zone visible et acceptée d’expression de la marginalité sociale. Lorsque des espaces réservés sont occupés à d’autres fins cela ne révélé-t-il pas une profonde incompréhension du projet urbain commun. Voilà alors que tu peux voir des arrêts cars qui deviennent exposants des filets de bains ou encore accessoires, ou encore des endroits où sont attachés des béliers...

Cette série de photos tend à révéler la problématique des espaces « agressés » par des usagers inappropriés et pourrait éventuellement contribuer à la compréhension des rapports sociaux dans l’espace urbain et des conséquences de la transformation des environnements.

Quel milieu, quelle forme et pour quel acteur?